Sugar addiction: is it real? A narrative review

[Diffusé le 21-08-2018]

Source : British Journal of Sports Medicine 2018; 52(14): 910-3

James J DiNicolantonio1, James H O’Keefe1, William L Wilson2

1 Saint Luke’s Mid America Heart Institute, Kansas, USA
2 Lahey Health and the Wilson Institute of Neurobiology, Burlington, USA

Correspondence to Dr James J DiNicolantonio, Saint Luke’s Mid America Heart Institute, Kansas City, USA; jjdinicol@gmail.com

L'addiction au sucre: mythe ou réalité

Article commenté par : Dr Bertrand Lego

Le sucre canne c'est de la came ! Plus sérieusement le sucre peut-il être classé dans la catégorie des drogues dures ? Cet article cherche à prouver que la consommation de sucre entraîne des modifications neurologiques et comportementales  proches de celles observées dans la consommation de substances addictives (tabac, héroïne, cocaïne).

Le sucre de consommation courante est une invention humaine relativement récente. Dans une première partie de leur article, les auteurs font un historique de l'histoire du sucre et des interactions (malheureuses) entre l'espèce humaine et le saccharose et le glucose. Dans une seconde partie les auteurs se posent trois questions dont les réponses font penser que le sucre pourrait être une substance addictive :

- existe-t-il des points communs entre le sucre avec les drogues dures ?

- est-ce que le sucre est addictif pour l'homme ? 

- est-ce que l'addiction au sucre prédispose-t-elle à des autres addictions ?

Question 1

Qu'est-ce que le sucre? C'est une poudre blanche issue d'un processus industriel qui extrait à partir d'une plante un produit ultra pur et raffiné (ça ne vous fait pas penser à quelque chose ?) Son mode d'action: Après son absorption (voie orale) le sucre a des effets physiologiques (sécrétion d'insuline) ; Il s'en suit une cascade enzymatique  qui entraîne des effets neurologiques. L'administration du sucre a des effets dopaminergiques mesurables augmentation de l'activité de récepteurs D1 et diminution des D2. Ces mêmes effets se retrouvent lors de l'utilisation des substances psychoactives tels que la cocaïne.

Question 2

Afin de répondre à cette question, les auteurs reposent le théorème de base de l'addiction: l’addiction à une substance est décrite comme répondant aux trois critères de la triade: craving, tolérance et syndrome de sevrage. Le sucre est un bon candidat car il répond aux trois critères. 

Qu'en est-il chez l'homme ? Les auteurs extrapolent les résultats obtenus chez l'animal (variation des récepteurs dopaminergique D2, effets sur la sérotine...) pour tirer des conclusions sur l'espèce humaine. Il ne me semble pas que la réponse apportée par les auteurs à la question du pouvoir addictif du sucre sur l'homme soit vraiment tranchée.

 

 

Question 3

Il est établi que l'addiction au sucre entraîne des modifications des systèmes dopaminergiques et sérotoninergiques. Il est donc probable que ces modifications fassent le lit d'autres addictions. D'après des études sur le modèle animal, il semble qu'il y ait des potentialisations dans les addictions croisées.

L'arsenal thérapeutique et assez peu fourni, les auteurs évoquent la varenicline (champix) le Chrome et la l-glutamine. Ces deux derniers éléments sont largement utilisés en micro nutrition dans le cadre de traitements adjuvants chez le diabétique.

En conclusion, les auteurs nous mettent en garde contre une utilisation abusive du sucre en insistant sur le fait que l'on peut vivre sans sucre raffiné. La remarque du pharmacien: la méthadone, délivrée en première intention, l'est sous une forme de sirop. Sachant maintenant que le sucre a les caractéristiques d'une drogue dure et que l'on n'est pas à l'abri d'addictions croisées, n'aurions-nous pas intérêt à faire passer  très rapidement nos patients à la forme gélule ?

Abstract

In animal studies, sugar has been found to produce more symptoms than is required to be considered an addictive substance. Animal data has shown significant overlap between the consumption of added sugars and drug-like effects, including bingeing, craving, tolerance, withdrawal, cross-sensitisation, cross-tolerance, cross-dependence, reward and opioid effects. Sugar addiction seems to be dependence to the natural endogenous opioids that get released upon sugar intake. In both animals and humans, the evidence in the literature shows substantial parallels and overlap between drugs of abuse and sugar, from the standpoint of brain neurochemistry as well as behaviour.

Keywords: sugar, sugar;


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